Les mondes invisibles : d'Augustin Lesage à aujourd'hui

Du 23 mai au 15 novembre 2026, la Communauté d’Agglomération de Béthune-Bruay, les villes de Béthune, Auchel, Burbure et Ferfay s’associent pour organiser la deuxième édition de la biennale des arts visuels. Après un hommage à Ladislas Kijno en 2024, la Communauté d’agglomération souhaite évoquer l’artiste spirite Augustin Lesage.

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Du 23 mai au 15 novembre 2026, la biennale se déploie en 4 expositions et un programme d’actions culturelles dans les communes.

EXPOSITION 
Déplier les mondes

Commissariat : Valentine Umansky et Tadeo Kohan

Avec, entre autres, les artistes Haig Aivazian, Andrius Arutiunian (nouvelle production), Olga Fröbe-Kapteyn, Maëlle Gross, Amalia Laurent (nouvelle production), Lonnie Holley, William Kentridge, Jannis Kounellis, Augustin Lesage, Daniela Ortiz, Hermann Rorschach, Felix Shumba, Pamela Phatsimo Sunstrum, Rebecka Tollens (nouvelle production), Yuyan Wang, Unica Zürn, et les anonymes…

« C’est en janvier 1912 que de puissants Esprits sont venus se manifester à moi, en m’ordonnant de dessiner et de peindre, ce que je n’avais jamais fait auparavant ». 

Augustin Lesage 

 

Augustin Lesage (1876-1954), mineur depuis ses quatorze ans, est alors sous terre. Depuis ce monde souterrain, il entame sa carrière d’artiste, traduisant sur la toile les motifs soufflés par ces voix invisibles. Il déploie des univers denses, composés minutieusement ; mondes architectoniques multicolores. Imprégnées d’un syncrétisme puissant, ses œuvres se lisent en cascades : on tombe chaque fois qu’on les regarde dans un nouvel espace, plus profond, enfoui au sein du premier ; des systèmes complexes qui se multiplient à l’infini.  
C’est à cet endroit que débute l’exposition Déplier les mondes

Sur trois étages, elle explore la possibilité physique, symbolique et spirituelle d’univers parallèles, fruits de la mine, du minerai, de la terre creuse ; des espace-temps qui se superposeraient au nôtre si l’on pliait l’univers comme un papier de soie. Artistes et commissaires invitent ici les visiteur.euse.s à observer l’empreinte de cette trace d’encre ou de charbon, miroir de notre monde, comme une face B décalquée, variante de la première.  

Organisée en deux chapitres, Déplier les mondes propose un cheminement entre ‘terre ferme’ –premier étage du centre d’art– et ‘mine’ –rez-de-chaussée et sous-sols–, le parcours de l’exposition invitant à une descente, de la lumière vers l’obscur. S’inspirant du concept d’inflation éternelle, l’exposition opère selon le modèle hypothétique d'un univers en expansion éternelle. Ainsi, plusieurs œuvres d’un.e même artiste surgissent à différents points du parcours : à l'image de l'expérience vécue devant les peintures d’Augustin Lesage, des mondes se déploient à l'intérieur d’autres mondes, au sein du centre d’art.

Évoquant visions kaléidoscopiques, cosmiques et langages de l’inconscient, la terre ferme déploie le travail d’Augustin Lesage, et s’attarde sur les mythes que ce dernier appelle, notamment celui d'Agartha. Ce royaume légendaire que l'on dit situé sous terre, réapparaît sous plusieurs noms en plusieurs endroits du globe : Asgartha, Asgarth ou encore Asgard. Le récit voudrait que, pour préserver la paix, les savoirs et l'équilibre mondial, à l’aune d’un conflit imminent, les humains se seraient réfugiés sous la terre, creusant de longs tunnels et créant dans son ventre une civilisation nouvelle. C’est à cet endroit-ci que la terre ferme se dérobe sous nos pas…

Dans les tunnels et sous-terrains, les œuvres engagent à une rencontre avec la matière. On traverse des histoires où la montagne s’anime, rencontrant esprits de la roche et révoltes minières – le souffle du bitume, du pétrole et du charbon. Située à la frontière fragile entre mythologies collectives, théories d’un monde alternatif et fictions scientifiques, Déplier les mondes aborde dans ce second chapitre politiques contemporaines de l’extraction minière, voix des terres résistantes et vibrations sonores de l’humus. Elle donne à voir des artistes qui pensent, créent, et fabriquent depuis l’espace du souterrain. Ce faisant, l’exposition nous invite dans les profondeurs d’une pensée libre où art brut, spirite et contemporain se rencontrent aussi sans hiérarchie.

Au travers de prêts issus de collections publiques et privées, ainsi que de nouvelles productions conçues pour Béthune, l’exposition fait se rencontrer le travail d’artistes de différentes géographies et générations, contemporain.es et historiques. Leurs œuvres – peinture, dessin, photographie, sculpture, installation, vidéo – composent une choralité de voix dissonantes, dont le chant nous parvient pourtant, dès lors que nous posons comme eux nos oreilles contre terre.

                                                                                                    Valentine Umansky et Tadeo Kohan
 

Labanque est un équipement culturel de la Communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois Lys Romane. 
Installé en centre-ville, dans l’ancienne Banque de France de Béthune, le centre d’art propose depuis 2007 à des artistes d’investir les espaces exceptionnels de l’ancienne succursale (près de 1200m2) : la salle des coffres, la salle des archives, la serre de monnaie, l’appartement de fonction du directeur... Labanque s’intéresse à tous les champs de la création : photographie, sculpture, installation, vidéo, arts numériques, peinture, dessin, objets, etc.  
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44 place Georges Clemenceau
62400 Béthune
03 21 63 04 70
Facebook, Instagram, Youtube : Labanque Béthune

Ouverture du mercredi au dimanche de 14h à 18h30

 

 

 

EXPOSITION 
Les Forces inconnues - Archives des mondes invisibles (1850-2000)

Commissariat : Philippe Baudouin 

 

Prenant comme point de départ l’œuvre du peintre spirite Augustin Lesage, cette exposition réunit des images rares, voire inédites, d’expériences menées aux marges de la science, où la photographie occupe un rôle central et ambivalent. Tantôt considérés comme une preuve irréfutable, tantôt comme le support de projection d’erreurs ou de fantasmes, les différentes techniques dont ces clichés portent l’empreinte invitent le spectateur à remonter le temps. En effet, il s’agit de redécouvrir cette période d’effervescence que fut le tournant du XXe siècle, une période où tout était encore possible, celle-là même où savants et adeptes de l’occultisme pouvaient se côtoyer dans les mêmes congrès, partager les mêmes laboratoires...

 

Il s’agira ainsi d’interroger la fascination des savants et des adeptes des sciences occultes pour les « forces naturelles inconnues », comme les nommait jadis l’astronome Camille Flammarion, et plus largement ce qu’il convient d’appeler aujourd’hui les phénomènes « inexpliqués ». Apparitions, ectoplasmes, lévitations, médiums en action : issus de collections privées ou publiques, les documents que nous avons rassemblés présentent ainsi le résultat d’expériences conduites dans cette zone-frontière où science et croyance se montrent plus poreuses que jamais. Ce corpus inattendu constitue un témoignage unique de l’utilisation des techniques photographiques à des fins d’étude des phénomènes paranormaux. À leur manière, les différentes tentatives dont découlent l’ensemble de ces images répondent à l’appel qu’avait formulé en 1839 l’académicien François Arago dans son célèbre discours : celui de confier à la photographie la mission d’élargir la connaissance humaine en captant « l’imprévu », c’est-à-dire ce dont nous ne soupçonnons pas encore l’existence que la technique de prise pourra peut-être nous révéler.

 

Parmi les nombreux objets et documents réunis durant l’exposition, certains, très rares, seront exceptionnellement montrés au public comme une mallette de chasseurs de fantômes des années 1930, issue de la collection de Christian Chelman, fondateur du Surnatéum de Bruxelles, ou les étranges moulages de mains d’ectoplasmes, prêtés par l’Institut métapsychique international de Paris, une fondation reconnue d’utilité publique qui, sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, abrite depuis le début du XXe siècle l’une des plus grandes bibliothèques d’Europe en matière de phénomènes inexpliqués. Citons également l’impressionnante collection de photographies spirites de l’expert parisien Christophe Goeury, ainsi que les documents exceptionnels prêtés par le Musée français de la photographie (Bièvres) et la Société astronomique de France, et relatifs aux expériences conduites par l’astronome Camille Flammarion et les célèbres prix Nobel Pierre et Marie Curie, autour de la médium Eusapia Palladino. Les objets et machines invités par les adeptes du spiritisme seront aussi mis à l’honneur : planches oui-jà, pendules, « trompettes spirites », sans oublier la robe de la médium Marthe Béraud, reconstituée par la designer Louise Gounel. Enfin, grâce au soutien de l’Institut national de l’audiovisuel, une sélection d’archives vidéos permettra aux visiteurs de découvrir l’histoire des sciences occultes et la place singulière que celles-ci occupent dans la culture populaire.

Philippe Baudouin

 

La Communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois Lys Romane est partenaire des éditions Cernunnos pour l’édition d’un ouvrage intitulé Histoire illustrée du Spiritisme (17 x 24 cm, 256 pages, 29,95 euros) disponible à la vente en mai 2026.

 

La Chapelle Espace Culturel est un équipement culturel de la ville de Béthune. 
Construite en 1828, elle est le dernier bâtiment subsistant de l’ancien hôpital. Elle a été rénovée en 1992 puis en 2011. Cette chapelle est aujourd'hui le lieu d'exposition du Musée d'Ethnologie Régionale, elle offre ainsi plus de 200 m² de lieu d'exposition. La Chapelle Espace culturel Saint Pry se trouve à 350m de Labanque.
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Chapelle Saint Pry
Rue Saint Pry
62400 Béthune
03 21 64 07 11
www.bethune.fr

Ouverture du mercredi au dimanche de 14h à 18h30, gratuit

EXPOSITION 
Foyers artistiques

Commissariat artistique : Yaël Pignol, responsable de la programmation culturelle assisté de Christine Mayeur, médiatrice du patrimoine

« Je sais bien que je ne puis rien peindre si je ne me mets pas sous l’influence des Esprits. Quand je travaille, j’ai l’impression d’être dans une autre ambiance que celle ordinaire. Si je suis dans la solitude, j’entre dans une sorte d’extase. On dirait que tout vibre autour de moi. J’entends des cloches, un carillon harmonieux, tantôt loin, tantôt près, cela dure pendant tout le temps que je peins. »

Augustin Lesage

 

Rien ne destinait Augustin Lesage (1876-1954), Victor Simon (1903-1976), Fleury Joseph Crépin (1875-1948), Stefan Nowak (1925-2013) ou encore Rémy Callot (1926-2001) à être reconnus et célébrés pour leur art. Mineur de fond, cafetier, plombier-zingueur, ajusteur, comptable ou employé aux bureaux d’études des Houillères, ils sont issus de milieux modestes et ont pour point commun d’évoluer dans des environnements industriels similaires à ceux de la Cité des Électriciens, c’est-à-dire planifiés, construits et équipés par les compagnies minières. Au cœur des corons du Bassin minier, la situation de tous est semblable mais non identique, ordinaire mais pas banale. 

La dureté du labeur et les circonstances de la vie impulsent à certains de ces hommes la nécessité de se créer un univers à soi. Élus par des instances mystérieuses, inspirés par des guides spirituels, touchés d’une vulnérabilité psychique ou d’un handicap physique, ces artistes habités impriment sur le monde l’empreinte vitale de leur irréductible singularité. Au travers de la peinture, du dessin, de la sculpture, de l’écriture, de la musique ou de l’architecture, l’infini de l’imaginaire émerge du fini quotidien. Les éléments les plus anodins du cadre de vie sont pris comme une source d’inspiration, les étroites cuisines sont utilisées comme ateliers, les jardins deviennent une œuvre vivante, bricolée de vaisselle et de ciment.

Comment les conditions matérielles d’existence de ces artistes irriguent leur création ? Partant de ce questionnement, l’exposition Foyers artistiques prend le logement ouvrier comme cadre de l’œuvre. Dans un parcours émotionnel et sensible, elle offre au visiteur un dialogue étroit entre notre patrimoine local et les productions d’artistes de la scène contemporaine.

 

 

Avec les œuvres de Alan Affichard, Christian Allard, Joachim Biehler, Grégoire Blanc, Rémy Callot, Hugo Capron, Javier Carro Temboury, Fanny Chiarello, Fleury Joseph Crépin, Lore de Quengo, Augustin Lesage, Frédéric Logez, Stefan Nowak, Victor Simon, Lucien Suel, Jacques Trovic, Jisoo Yoo.
Accompagnement scénographique par FALKOR STUDIO – Mathis Boucher et Florent Deligny, et Aurélie Damon
Remerciements à la Maison de la Poésie des Hauts-de-France, au musée d’ethnologie régionale de Béthune, au musée municipal de Montigny-en-Gohelle et à Philippe Rulkin, à l’Institut Spirituel Psychosique de Calonne-Ricouart, au Cercle des Amis de Rémy Callot et à la ville de Carvin, au Centre historique minier de Lewarde, au LaM - Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut.

 

La Cité des Électriciens est un équipement culturel de la Communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois Lys Romane. 
Construite par la Compagnie des mines de Bruay entre 1856 et 1861, elle est la plus ancienne cité minière subsistant dans le Bassin minier du Pas-de-Calais. Elle constitue une véritable charnière dans l’histoire de l’habitat ouvrier. Entre interprétation du patrimoine minier, créations artistiques, jardins potagers et gîtes urbains, à la fois lieu de mémoire et lieu de vie, la Cité se distingue par ce caractère éclectique et pluridisciplinaire.

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La Cité des Électriciens, rue Franklin à Bruay-la-Buissière
Expositions accessibles du mercredi au dimanche, de 14h à 18h.
Aire de jeux et espaces extérieurs en accès libre tous les jours.
Renseignements et réservations : accueil@citedeselectriciens.fr / 03 21 01 94 20
Site internet : https://citedeselectriciens.fr/fr
Instagram : @citedeselectriciens
Facebook : Cité des Électriciens

 

 

EXPOSITION À CIEL OUVERT
Augustin Lesage

Commissariat : Lydia Szafulski

 

Augustin Lesage, né le 9 août 1876 à Auchel et mort le 21 février 1954 à Burbure où il est enterré.

Un parcours en plusieurs étapes retracera la vie et l’œuvre d’Augustin Lesage. De grands panneaux installés dans l’espace public permettront au plus grand nombre de (re)découvrir l’artiste. Les étapes du parcours nous conduiront du musée de la Mine d’Auchel, à la rue Augustin Lesage, à Ferfay où il a vécu et jusqu’au cimetière de Burbure où il est enterré.

Des textes retraçant sa vie et sa carrière artistique, des photographies de l’artiste dans sa cuisine-atelier, des reproductions de ses œuvres.