Abraham Oghobase met en lumière trois bassins miniers.
© série « Miners » Barkin Ladi, 2019, production Labanque

Culture

Toutes les couches de la culture nigériane nouvelle exposées à Labanque

Proposer de l’inédit, tel est l’objectif de Labanque. Les trois expositions actuelles n’échappent pas à la règle puisqu’elles présentent un ensemble d’archives et d’œuvres exceptionnelles qui offrent une perspective globale sur l’histoire de l’art du Nigéria depuis son indépendance en 1960 jusqu’au début du XXIe siècle.

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Au rez-de-chaussée, l’exposition s’attarde sur cinq moments clés de l’histoire de l’art moderne et contemporain nigérian : l’exposition de l’Indépendance en 1960, les expositions et les séminaires organisés par le très créatif groupe artistique Mbari, le Festac’77 (second festival panafricain qui s’est tenu à Lagos en 1977), l’avènement du mouvement artistique Uli, le collectif artistique Aka. 
 
L’exposition se poursuit dans les anciens appartements du directeur avec des œuvres, comme c’est la règle, spécialement produites pour Labanque par les artistes Mary Evans et Abraham Oghobase.  


Ainsi, Layers, dont le titre anglais évoque la superposition/strate de sens et d’histoires, se déploie en couches successives, et inclut une réinterprétation contemporaine autour des travaux de Mary Evans et d’Abraham Oghobase. 

 

Sojourn/Séjour, de Mary Ewans, constitue la première exposition rétrospective du travail de cette artiste native de Lagos, principale ville du pays, passionnée de pictographie. Les œuvres dessinent un itinéraire personnel - l’acclimatation à la langue et aux « codes » britanniques (le Nigeria a été sous domination anglaise de 1900 à 1960) - mais elles racontent aussi des histoires universelles. Séjour signifie le confort d’un salon où l’on se prélasse et l’état transitoire de millions d’hommes et femmes de passage. 

 

Silex, De face et de profil, d’Abraham Oghobase, prend sa source sur le Plateau, région agraire du Nigéria. D’une beauté stupéfiante, les paysages semblent dessinés au couteau. Riches en étain, ses terres ont été exploitées pour leurs ressources durant la colonisation britannique. Leurs collines portent encore les stigmates de cette industrie. C’est ce qui poussera Abraham Oghobase, lui aussi né à Lagos, à analyser le paysage et le contexte colonial africain de façon plus globale. Silex met ainsi en lumière trois territoires miniers distincts mais aux destins parallèles : le Plateau (Nigeria), le Witwatersrand (Afrique du Sud) et, non loin des terrils, Béthune.

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