Trois chantiers en un pour redonner vie à la cité des Electriciens

Agglomeration

Plus ancienne cité minière de l’ouest du bassin minier (elle a été bâtie entre 1856 et 1861), la cité des Electriciens de Bruay-La-Buissière va être totalement réhabilitée. Deux ans et demi de travaux seront nécessaires pour en faire une vitrine digne de son classement au patrimoine mondial de l’humanité, à 20 minutes du Louvre-Lens.

Fruit d’une longue réflexion, nécessairement menée en grande concertation, le projet de réhabilitation a été officiellement présenté récemment.

Lieu de mémoire…

« Exceptionnelle » par son ancienneté et son état de conservation, la cité a été hissée parmi les cinq grands sites de mémoire du bassin minier, aux côtés de la fosse d’Arenberg à Wallers-Arenberg, du Centre historique minier (fosse Delloye) de Lewarde, des sites du 9-9 bis d’Oignies et du 11-19 de Loos-en-Gohelle. Celui des Electriciens s’intéressera logiquement au « thème du logement minier, qui n’est pas traité dans les autres », précise Alain Wacheux, président d’Artois Comm. et maire de Bruay-La-Buissière.

… et lieu de vie

« Transmettre et transformer », telle est la ligne de conduite fixée par Philippe Prost, du cabinet d’architecture du même nom, maître d’œuvre pour Artois Comm.. Transmettre puisqu’il s’agit de garder la « qualité d’architecture à la fois extraordinaire et ordinaire [de la cité], parce que pleine de petits détails, mais aussi fragile parce que construite [à l’époque] ‘à l’économie’ ».

La transformer parce que la cité réactualisée (avec, autant que possible, des matériaux locaux) accueillera donc un centre d’interprétation sur l’habitat minier (les « pépites » de l’actuelle Soginorpa s’y retrouveront probablement dans un bâtiment neuf), des lieux d’exposition, des logements (des gîtes urbains en fait) pour artistes en résidence et touristes en goguette, cela afin de permettre « une reprise de la vie sur le site. »

Cette reprise de la vie sera également le fait de la Soginorpa qui, de manière parallèle à la Communauté d’agglomération, va rénover les douze logements dont elle conserve la propriété (rues Ampère, Gramme et Volta). Un chantier « pas évident » pour le bras armé de Maisons et Cités puisqu’il s’agit donc d’éléments du patrimoine. Huit ou dix habitations, réaménagées et amenées aux normes basse consommation, devraient subsister à terme, et être de nouveau habitées.


Des carrières à combler...

La rue Franklin est condamnée depuis février pour cause d’effondrement possible. Et les galeries de mine n’y sont pour rien. La cité a en effet été édifiée sur d’anciennes carrières de marne, une pierre (mêlant craie et argile) qui servait autrefois à la construction.

Le premier gros chantier (déjà) engagé dans la cité consiste au comblement des vides ainsi créés, pour la sécurité des passants mais aussi assurer une meilleure assise aux maisons à réhabiliter, très fragiles.

Prévu pour durer 16 semaines (jusque mi-août si tout va bien), ce chantier se traduira principalement par l’injection d’un « coulis » (des cendres de terrils, notamment). Les techniciens estiment à 10 000 m3 la quantité qui sera nécessaire !