Les sens en émoi à Labanque

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Jusqu'au 23 juillet 2017
Labanque
Metamorphy © Scenocosme / Grégory Lasserre & Anaïs met den Ancxt

Ça y est ! La nouvelle saison a débuté à Labanque ! Aux côtés de Jean-Michel Meurice et ses amis, qui ont pris place au premier étage, quatre artistes se partagent les autres espaces. Installations sonores et visuelles, peintures, photographies, objets... il y a encore beaucoup à voir, entendre et toucher entre les murs de l’ancienne Banque de France.

Jusqu’au 23 juillet, Labanque présente donc quatre nouvelles expositions : « Scenocosme, Empathies », de Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt, au rez-de-chaussée et au sous-sol, « Prendre les Augures », d’Aurore Pallet, au 2e étage, « Objets perdus », de Rosella Piccinno, dans la salle des coffres, et Jean-Michel Meurice et ses amis  avec « Evidences Singulières », au 1er étage.

« Evidences singulières » est un parcours consacré aux travaux du peintre Jean-Michel Meurice. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Et pourtant, cet artiste-peintre né en 1938 à Lille est aussi l’auteur de nombreux films documentaires et est l'une des personnalités à l'origine de la création de la chaîne de télévision franco-allemande Arte, dont il a été le directeur de 1986 à 1989.

Jean-Michel Meurice connaît très bien les environs, pour avoir passé une bonne partie de son enfance à Béthune, chez ses grands-parents (son grand-père était médecin à Ruitz). Il a d’ailleurs fait un film en 1973, « Laissez-moi le temps de me souvenir », où il se remémore ce qui le frappait dans le Nord. Attaché à notre région, marqué par la lumière, le son des voix, les accents, Meurice se souvient «  des concerts donnés par l’harmonie municipale dans les jardins publics, des charitables à Béthune. »

Pour composer l’exposition à Labanque, le commissaire Victor Vanoosten a invité Jean-Michel Meurice  à choisir neuf artistes (1) pour exposer avec lui. « Je me suis proposé de rassembler les œuvres de quelques amis peintres, parce que tout simplement, dans ma vie, les amitiés ont beaucoup compté. La rencontre d’autres peintres, la communauté amicale des peintres, c’est quelque chose qui m’a beaucoup marqué et qui est vraiment important pour moi. »

Les œuvres sélectionnées sont pour la plupart très récentes, réalisées il y a moins de dix ans, mettant en exergue les liens affectifs et artistiques entre leurs auteurs et Meurice.

(1) Pierre Alechinsky, Cédrick Eymenier, Jean Le Gac, Bernard Moninot, Jean-Pierre Raynaud, Georges Rousse, Pierre Soulages, Claude Viallat et Zao Wou-Ki

Le collectif Scenocosme, composé des artistes Grégory Lasserre & Anaïs met den Ancxt, a investi le plateau, la serre et la salle des archives avec « Empathies ». Le duo réalise d’étonnantes hybridations entre technologies et éléments vivants ou naturels (végétaux, humains, eau, bois, pierre...). Leurs mises en scène interactives et sensorielles révèlent les interactions invisibles entre les corps et l’environnement. Il est là question de contact, de toucher : le corps est une interface continue avec le monde, la peau en étant une frontière à la fois protectrice et poreuse.

Au deuxième étage, on voyage sous les cieux peu cléments mais non moins  romantiques d’Aurore Pallet. « Prendre les Augures » est, au départ, l’idée de prévision de l’orage et une réflexion sur les croyances d’hier et les prémonitions d’aujourd’hui.

Au final, c’est un ensemble de peintures qui reprennent des fragments de célèbres  peintures de la Renaissance dans lesquels différents éléments du paysage – oiseaux, tempêtes, nuages – se révèlent porteurs de significations augurales. Les peintures sont accompagnées d’un environnement sonore  évoquant la montée en tension d’un champ électrique... On s’attend presque à voir voler autour de nous les hirondelles, dans le vent... Chasseurs d’orages, préparez‑vous !

Enfin, Rossella Piccinno, artiste déjà passée sur le territoire à l’occasion de Ligne de Front, en 2014, et d’une résidence d’artistes pour le CLEA (contrat local d’éducation artistique), revient avec « Objets perdus », son dernier projet consacré à la problématique des réfugiés à  Calais, encore et toujours d’actualité. Elle est allée à la rencontre des réfugiés de la  « jungle » avant son démantèlement, pour les interroger sur « les objets qu’ils ont laissé derrière » eux. Témoignages, portraits et reconstitution des objets perdus en céramique : voilà ce que vous pourrez découvrir, voir, entendre dans la salle des  coffres.

Jusqu’au 23 juillet. Labanque, 44 place Clemenceau à Béthune, (T) 03 21 63 04 70. Tarif plein : 6 € / réduit : 3 € / gratuit sous conditions - Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h / Gratuit le premier dimanche de chaque mois

Légendes photos (1) Metamorphy © Scenocosme / Grégory Lasserre & Anaïs met den Ancxt (2) Faradon, Kurdistan irakien © Rossella Piccinno