La Calonnette en cours de dépollution

Environnement

Dans le cadre de sa compétence d’entretien et restauration des cours d’eau, et à la suite du contrat de rivière de la Clarence et de ses affluents, l’Agglomération a décidé de débarrasser le lit de la Calonnette des impuretés freinant le développement des écosystèmes aquatiques. Un combat de longue haleine.

Affluent artificiel de la Clarence à Chocques, la Calonnette prend sa source au bois des Dames et rejoint la Clarence après avoir traversé Lapugnoy, Labeuvrière et Chocques. Un territoire au passé industriel qui aura laissé des traces dans le cours d’eau, envasé par des déchets organiques, des hydrocarbures et des métaux lourds.

Le projet de dépollution (ancien) devient aujourd’hui réalité, ce qu’a salué, lors d’une visite de chantier Yvon Massart, maire de Choques et riverain de la Calonnette. « Il n’est plus concevable aujourd’hui que l’efficacité économique et industrielle se fasse au détriment de l’environnement. L’intercommunalité est la bonne échelle pour ces préoccupations car, si je me bats pour la décontamination depuis 28 ans, notre cours d’eau n’est pas le seul concerné par les désordres hydrauliques. »

Bernard Blondel, vice-président en charge de la lutte contre les inondations (et de l’assainissement) explique que « Six études ont été nécessaires pour évaluer la teneur des polluants, plus un inventaire faune-flore par les écogardes, sans compter les décalages de calendriers administratifs… Bref, la préfecture a donné son feu vert en octobre 2016.

« Nous avons lancé les appels d’offres et trouvé les financements. L’Agence de l’eau Artois-Picardie apporte 291 000 euros sur les 1 121 190 euros hors taxes nécessaires. « Aujourd’hui, les entreprises Guintoli et STD France sont à pied d’œuvre. »

Un chantier exceptionnel

Pendant 4 mois, plus de 3 500 m3 de boues seront traités, soit 50 tonnes par jour. Hervé Cornu, directeur de Guintoli, précise que « le chantier s’étend sur deux kilomètres entre l’incinérateur de Labeuvrière et l’embouchure de la Clarence, au centre de Chocques.

« Les sédiments pompés sont envoyés vers l’unité de dépollution temporaire installée à quelques pas de l’usine Croda. Là-bas, les boues sont tamisées, décantées puis déshydratées avant d’être évacuées vers des centres de traitement appropriés (valorisation ou stockage définitif - NDLR). L’eau purifiée est rejetée dans le cours d’eau. Tout le procédé est hautement réglementé et contrôlé. »

Les techniciens « rivières » de l’Agglo ne quittent pas des yeux le chantier, comme ils le font pour les autres cours d’eau : il s’agit d’écarter tout risque de voir réapparaitre des soucis hydrauliques et d’inondation.

Et Bernard Blondel de conclure : « Jai bon espoir de pouvoir pêcher un jour dans ce cours d’eau. »

Vers la restauration complète de la Clarence

Le travail de dépollution de la Calonnette sera complété par une restauration sommaire des berges fragilisées après le passage des engins. L’Agglo veillera en effet à les renforcer par des techniques végétales qui se fondent parfaitement dans le paysage (plantations et installation de fascines).

Il est à noter que la restauration écologique complète de la Clarence et de ses affluents est au programme du Symsagel (syndicat mixte pour le schéma d’aménagement et de gestion des eaux de la Lys).

Les opérations devraient commencer après un état des lieux minutieux et une importante procédure réglementaire… soit d’ici deux ans.