Garage solidaire de l’Artois : “L’emploi, c’est tout droit !”

Economie

Laëtitia Lhermitte et Ludivine Wolsztyniak avouent ne pas y connaître grand-chose en mécanique automobile. En revanche, oeuvrer en faveur de l’insertion, de la création de lien social, elles aiment. D’où leur projet (de garage solidaire mais pas que) intitulé… AIME – Artois Insertion Mobilité Emploi -, qui prend tournure ces jours-ci à Béthune.

Enthousiastes, bouillonnantes, débordantes d’idées, pétries du désir de (bien) faire en faveur des autres, plus démunis. Voilà pour poser rapidement les portraits de ces deux femmes qui travaillent ensemble dans l’insertion depuis plus de 10 ans maintenant. Et l’une ou l’autre (parfois) ou l’une et l’autre d’expliquer (le plus souvent) : « On proposait du travail (aux demandeurs d’emploi accueillis dans leur structure, ndlr), mais parfois il était refusé : pas de voiture ou pas d’argent pour la faire réparer… L’évidence s’est imposée : le manque de mobilité est un frein à l’emploi (1). L’idée est restée dans notre tête. »

Leur projet commence à prendre forme dans la foulée : « On a fait le tour des garages solidaires… Il n’y en avait pas dans le secteur, alors que, sur le territoire, il y a un vrai besoin, besoin confirmé par la Mission locale, Pôle emploi… On a écrit un premier projet, suivi l’accompagnement en économie sociale et solidaire proposé par l’Agglo (2). On n’avait pas de lieu précis d’implantation, mais la Ville de Béthune était en attente (de ce type de projet). »

Et le lieu est trouvé. Ce sera l’ancienne concession Honda, au 645 de l’avenue du Maréchal-Juin. Et l’équipe destinée à faire tourner le Garage solidaire de l’Artois, aussi.

Favoriser l’insertion

« On a recruté un chef d’atelier qui encadre déjà des sapeurs-pompiers volontaires, donc des publics différents. Et on devrait accueillir entre quatre et six salariés en contrat d’insertion ».

Du fait de sa vocation, l’établissement n’est donc pas un garage comme les autres, on l’aura compris. Ça vaut aussi pour ses clients. « On ne fait pas concurrence aux garages traditionnels. On s’adresse à des publics qui n’ont pas les moyens de réparer leur voiture, ou le font eux-mêmes… Notre projet est connu des différentes structures d’insertion, qui sont donc en capacité de leur dire ‘vous pouvez y accéder ou pas’. »

Une première démarche

Avant même l’ouverture du garage, Laëtitia et Ludivine n’entendaient pas s’arrêter à cette seule étape. « C’est une première marche, ce n’est pas suffisant en soi. On est en train de travailler sur un espace mobilité, pour l’ensemble du territoire, pour avoir plus de services : auto-école solidaire, location de voitures à prix raisonnable ou, plus près dans le temps, atelier d’initiation à la mécanique. » Car il s’agit aussi d’être utile en créant du lien social.

« Et pourquoi une mère de famille n’aurait pas sa voiture pour emmener ses enfants une journée à la plage ? » Tout est dit.

1 - « Une personne en insertion sur deux a déjà refusé un travail ou une formation pour des problèmes de mobilité. 41 % des employeurs ont également rencontré des difficultés à pourvoir un poste pour des questions de mobilité », précisent-elles sur leur site.

2 – Le Garage solidaire de l’Artois a également bénéficié d’une aide financière de l’Agglomération dans le cadre de son action « Entreprendre autrement ».

Garage solidaire de l’Artois, 645, avenue du Maréchal-Juin (près de la gare) à Béthune Facebook : Garage-solidaire-de-lartois