AC-PM Chocques : « Être le premier des ‘petits’… »

Economie
AC-PM Chocques Vincent et Maxime Thibaut

Fondée sur les « restes » de l’Abbaye de Chocques, AC-PM (Abbaye de Chocques Produits moulés) entend se développer sur ses « marchés de niche » afin de devenir incontournable dans les thermodurcissables et thermoplastiques de petite et moyenne séries. Son essor est appuyé par le Conseil régional et Artois Comm., dans le cadre d’un contrat de développement régional.

Quand il reprend la société, Vincent Thibaut hérite d’un savoir-faire avéré mais aussi d’un « matériel d’un autre âge ». Pour qu’AC-PM soit plus productive, pour qu’elle puisse satisfaire ses clients sous-traitants du ferroviaire et de l’aéronautique (80 % du chiffre d’affaires), il lance une « grosse opération de maintenance, achète une première machine spécialement conçue ». L’Abbaye repart sur de nouvelles bases.

AC-PM est spécialisée dans les petites pièces produites en petite ou moyenne série. Des petites pièces plutôt techniques (elles doivent résister à des contraintes extrêmes), qui nécessitent une qualité et une minutie parfaites - une partie de la production est fignolée par des femmes (50 % de l’effectif actuel).

« On n’a pas de trop gros volumes mais les contrats durent longtemps », précise Vincent Thibaut, fils du gérant et directeur commercial ; son père se chargeant de rappeler que la durée de vie d’un train ou d’un avion est d’au moins 30 ans. Ceci ne l’empêche pas de penser à l’avenir.

Avance technologique

Pour « attirer de nouveaux clients avec de la qualité, et augmenter les capacités de production », AC-PM a décidé d’engager un programme d’investissements conséquent en contractualisant avec le Conseil régional et Artois Comm. ; une démarche qui « permet d’avancer plus vite », selon Maxime Thibaut.

Des équipements lourds ou légers mais dernier cri (presses et leurs périphériques, progiciel de gestion…) ont ainsi intégré le bâtiment propret de la rue Mélchior (qui va être étendu). « On a un matériel qui est sans doute le meilleur de France. Technologiquement, on a pris un boulevard d’avance ! », triomphent Maxime et Vincent. Ce dernier indique même que le pays compte actuellement sept entreprises spécialisées dans les thermodurs, dont 5 PME-PMI comptant de 5 à 20 personnes.

« On veut être le premier des ‘petits’, poursuit Vincent Thibaut, sachant qu’on sera deux ou trois dans les 5 ans. »


Il y avait l’abbaye et l’Abbaye…

L’endroit, l’abbaye, a une très longue histoire ; l’entreprise, l’Abbaye de Chocques, un grand passé agricole (ferme, sucrerie, distillerie) mais aussi industriel, depuis 1935. Cette année-là, « le propriétaire veut occuper ses employés à l’année » et prend un tournant en se lançant dans la transformation de matières plastiques (boutons de vêtements, pièces d’équipement électrique…), rappelle Vincent Thibaut, gérant d’AC-PM.

L’Abbaye connaît un nouvel essor à partir des années 50 – au début de l’électrification du réseau ferroviaire – en s’orientant vers la production de pièces techniques pour l’industrie. Son savoir-faire et son matériel sont transférés en 1993 à son emplacement actuel, rue Mélchior. Liquidée en 1996, la société est reprise par un holding financier et Vincent Thibaut, qui en rachète toutes les parts en 2002. Elle compte aujourd’hui 16 salariés.

Rappelons que l’abbaye de Chocques en tant que telle a, hélas, été détruite par les flammes en 2005.